Le Grand Hôtel à Biarritz

En 1859, Cyrille Gardères acquit un terrain au bord de la falaise qui surplombe la Grande Plage, à l'est de la place de la Foire, auprès du baron de Pierre. Il y fit construire un hôtel conçu par l'architecte Alphonse Bertrand. À l'époque, cette élégante bâtisse, surnommée la "Maison Rouge," inspirée de la villa Eugénie, suscitait l'admiration.

Biarritz le Grand Hôtel et la Villa Eugénie en 1900

Biarritz le Grand Hôtel, le Casino Municipal et la Grande Plage en 1905

Face au succès retentissant de son établissement, Gardères entreprit de développer ses activités. En août 1872, il racheta le Casino, ainsi que divers immeubles vétustes situés sur ce qui allait devenir la place Bellevue. L'ampleur de son hôtel nécessitait une main-d'œuvre importante et qualifiée. En 1876, l'établissement employait quarante-quatre personnes : cuisiniers, marmitons, "sommeliers d'étage," "officières," brosseurs, et même une couturière.

Biarritz le Grand Hôtel en 1905

Biarritz le Grand Hôtel en 1905
En 1875, une nouvelle aile fut ajoutée à l’hôtel, et c’est cette partie qui subsiste encore aujourd’hui.

Biarritz le Grand Hôtel en 1900
En 1879, Gardères céda l'hôtel et ses annexes à une société. Toutefois, après une série de saisies immobilières, le Grand Hôtel fut vendu aux enchères le 15 mai 1886 à la suite d'une faillite. L'acquéreur, Henri Bloch, en confia la direction à Charles Montenat, directeur du Grand Hôtel à Paris. Ce dernier géra l'établissement de Biarritz jusqu'à son décès pendant la Première Guerre mondiale.

Biarritz le Grand Hôtel en 1906
Le Grand Hôtel a vu passer parmi ses clients les hommes d'État les plus influents du XIXe siècle. Deux figures marquantes de cette époque, le Prussien Otto von Bismarck et le Britannique William Ewart Gladstone, y séjournèrent. Connu comme "l'hôtel des rois," l'établissement accueillait régulièrement des têtes couronnées. De 1872 à 1878, le roi de Hanovre et la princesse Frederica furent des habitués, tout comme l'archiduchesse Isabelle d'Autriche. Par trois fois, l'impératrice Élisabeth d'Autriche, surnommée "Sissi," y trouva refuge, hantée par le drame de Mayerling.

Biarritz le Grand Hôtel en 1909
En 1892, Oscar II, roi de Suède et petit-fils du maréchal Bernadotte, séjourna au Grand Hôtel. Il y revint en 1899 et en 1902. Pendant ses séjours, il s'acquittait des devoirs liés à son rang en participant à diverses activités mondaines : chasses à courre, bals, gymkhanas, expositions d’art, parties de pelote, assauts d’armes et ventes de charité.

À son départ, le roi procédait à une généreuse distribution de médailles, veillant à n’oublier personne, pas même Isidore, le concierge de l’hôtel.

Oscar II fut le dernier souverain en titre à résider dans "l’aile des souverains" du Grand Hôtel.

Oscar II, roi de Suède en 1902
Le 30 août 1914, Biarritz accueillit les premiers blessés de guerre, avec l’arrivée de cent trente hommes en gare de la ville. Les réquisitions de pensions de famille et d’hôtels se multiplièrent rapidement, atteignant un total de six mille lits mobilisés. Le pic d’accueil fut cependant limité à deux mille cent dix-neuf blessés.

Le docteur Jacques de Poliakoff, assisté de son confrère le docteur Bandaline, transforma le Grand Hôtel en hôpital grâce à ses propres fonds. Il se rendait quotidiennement auprès des soldats pour leur prodiguer des soins. Outre une attention médicale de qualité, les blessés bénéficiaient également de divertissements. En juillet 1915, le duc de Montpensier leur offrit une projection cinématographique suivie d’un concert.

Le Grand Hôtel en hôpital en 1915
Après la Première Guerre mondiale, l’hôtel fut vendu, puis partiellement démoli pour céder la place aux résidences Bellevue-Clémenceau.

Commentaires